Moi je vais vous faire montrer que qu'est ce que je dis c'est qu'est ce qu'il faut retiendre.

The iPod Experience: Un an après

Ou, en version québécoise, L’expérimentation du baladeur audio : un an écoulé.

Y’a un an, c’était Noël, et si y’avait bien un truc dont j’avais plus besoin que le reste (ce besoin étant tout de même tout relatif), c’était d’un iPod. J’avais un Windows Phone – décision discutable mais défendable – dont la mémoire interne était assez restreinte, et j’avais été assez convaincu par les services rendus par mon précédent iPod. Je l’avais acheté en cinquième et je n’avais jamais eu à m’en plaindre. Ça faisait tout ce que faisait un « smartphone » de l’époque (dont un smartphone qui était tout, sauf smart), en mieux. L’avantage, c’est que comme ça envoie pas de SMS et que ça ne passe pas de coups de téléphone, y’a pas besoin d’avoir d’amis. Parfait, donc.

Plus sérieusement, même si le prix était pas négligeable (289€ à l’époque), c’était quand même un super appareil. On pouvait regarder des vidéos, aller sur Internet, consulter ses mails, jouer à des jeux carrément pas mauvais – ça avait un meilleur processeur qu’une Nintendo DS, ce qui est assez ironique – et même écouter de la musique (mais ça, c’est accessoire.)

Et j’ai utilisé cet iPod un bon paquet d’années, pour principalement trois raisons :

  1. J’avais moyennement de dépenser 300€ à nouveau comme ça
  2. Ça marchait bien
  3. Et surtout, mon grand-père m’avait assuré que je ne l’utiliserais plus au bout de deux ans.

Et même si ce dernier point avait été invalidé il y a bien longtemps, je continuais à l’utiliser jusqu’alors (décembre 2015, donc.) Mais un cadeau de Noël, ça fait bien. Ça fait plaisir de voir qu’on a acheté quelque chose au lieu de thésauriser une fortune comme un certain Balkany, alors j’avais dit pourquoi pas. En effet, il se faisait vieux, la batterie était (très) fatiguée, c’était plus compatible avec aucune nouvelle application, on en était en fait restreint à écouter de la musique – tâche qu’il accomplissait cependant très bien, admettons-le. Et comme j’avais été convaincu par cet achat cinq ans plus tôt – ça nous rajeunit pas – je me suis dit que ce serait parfait pour cinq ans de plus. Comme j’avais tort.

Je sais pas si le départ de Steve Jobs a quelque rapport avec ça mais je suis très déçu. Pendant les premiers jours, j’étais convaincu, soyons honnête. C’est sûr que par rapport à un Windows Phone, ça change… pas mal. Ça prend des jolies photos, c’est beau, c’est rapide, ça fait tourner des jeux cons mais marrants (Dumb Ways to Die RPZ). Par contre, un tout petit détail : la batterie tient pas. Mais genre, sérieusement pas. Avec ou sans WiFi, en jouant ou en naviguant sur Internet, ou même en écoutant de la musique. Mais bon, après tout ça doit être la norme aujourd’hui. D’ailleurs j’ai longtemps voulu faire une review sur ce blog, mais j’en voyais peu l’utilité (d’autant plus que j’avais peu d’expérience avec.)

Et là, on fast-forwarde à maintenant. Un an plus tard. Comment dire à quel point je regrette cet achat ? Je sais pas trop. Premier point : la batterie ne tient pas. C’était déjà pas top, c’est pire. Pourtant, tous ceux qui me connaissent savent que je suis très pointu sur les batteries : pas d’utilisation fatigante pour la batterie (décharge lente), pas de charge pendant la nuit (pour éviter la surcharge), pas de recharge au milieu d’un cycle (même si l’effet mémoire est censé ne plus exister sur les batteries « modernes ».) Et… non. Non, ça tient quand même pas. Alors j’imagine pas sur un iPhone avec quelqu’un qui fait pas aussi attention que moi… Même si la capacité est environ une fois et demi plus importante sur un iPhone, ça reste peu (tenir une fois et demi de plus que deux heures ça fait pas une journée.) Et puis faut pas oublier que l’iPhone doit aussi faire GPS (l’iPod Touch n’a pas de puce GPS,) connexion cellulaire et alimentation d’un processeur plus demandant. Donc en autonomie ça doit se valoir.

Mais c’est pas tout. Tout ce que mon iPod, mon téléphone le fait. En mieux. Bon alors, en effet, j’ai plus mon Windows Phone mais un OnePlus 3 (je m’étais promis de le garder plus longtemps que mes deux premiers, c’est réussi : deux ans. J’aurais pu faire mieux mais bon…) mais je ne trouve pas une seule chose qui soit exclusive à l’iPod. Les photos ? J’en fais des aussi belles, voire meilleures (en panorama). La vidéo ? En 4K, contre « que » du Full HD sur l’iPod. Les jeux ? L’écran est plus petit et de manière générale, ils sont moins performants (même si, honnêtement, les jeux sur mobile et moi, ça fait deux.) La navigation sur Internet ? Un écran plus grand encore une fois, une expérience bien meilleure sur Chrome que sur Safari (et même Chrome iOS.) Un assistant vocal ? Google Now est là. Sincèrement, je ne vois pas un seul avantage de mon iPod sur mon téléphone. Même l’autonomie est meilleure sur le OnePlus 3 (capacité comparable à celle d’un iPhone, mais système plus lourd.)

C’est sans compter les mauvais côtés de l’iPod. Parce qu’il y en a. Le premier ? Sa manie à pomper Internet. Je ne rigole pas. Je sais que beaucoup de foyers ont la fibre – et donc pas à se soucier de soucis de bande passante – mais pas moi. Et il faut savoir que de l’envoi de données, en ADSL, non seulement c’est lent (de l’ordre de 16 ko/s) mais en plus ça empêche tout le reste de se passer. Résultat : si par malheur j’oublie de désactiver le WiFi de mon iPod, je me retrouve avec Internet inutilisable. D’autant plus que ce n’est pas de manière intermittente, ni même temporaire : l’intégralité de la bande passante est utilisée, cent pour-cents du temps. Pour information, mon Raspberry Pi, qui fait du data scraping à des intervalles assez rapprochés, n’a jamais causé un seul problème d’instabilité de connexion. Alors j’aimerais bien savoir ce que fait l’iPod.
Mais encore une fois, un problème n’arrive jamais seul. Il y aussi le fait que l’iPod est plein. Plein. 32 Go. Pleins. Ma bibliothèque iTunes – enfin, la musique – fait 16 Go. Le reste ? Je ne sais pas trop où il est. Sans doute réparti entre les photos (que pourtant il supprime automatiquement une fois sauvegardées sur iCloud) et les applications. Aaah, les applications iOS. Ce qui est vraiment bien avec elles, c’est que les ingénieurs (et dans ingénieur, il y a génie, et je trouve ça relativement inadapté dans ce cas précis) de chez Apple se sont dits « on va faire des applications universelles : on peut les installer sur n’importe quel périphérique avec le même fichier. » Alors, oui, je suis tout à fait content d’avoir les images en assez haute résolution pour qu’elles puissent être belles sur  l’écran Retina de l’iPad Pro onze pouces, mais en fait… bah je m’en fous. Je veux juste ma place. Des exemples ?

  • Facebook Messenger : 287Mo
  • SnapChat : 145Mo
  • Instagram : 75Mo
  • Facebook : 289Mo
  • YouTube : 107Mo

(Applications parmi les plus populaires sur l’App Store)

Le pire dans tout ça c’est que c’est sans compter sur les données qu’elles vont télécharger : stickers, fichiers temporaires ou en cache… et sur lesquels on a évidemment aucun contrôle. Les jeux, c’est pire. Et ces exemples portent pourtant sur des applications publiées par des grandes entreprises, desquelles on peut attendre un minimum d’optimisation en terme d’utilisation de la mémoire. Donc… non, je comprends pas.
A titre de comparaison, Adobe Photoshop CC (2014) fait 710 Mo. PHOTOSHOP. Un épisode de Narcos – série fort sympathique – fait un peu moins de 800 Mo (en Full HD.) Alors que je vous laisse imaginer le flux d’octets que ça demande un fichier comme ça. Alors je pense qu’on peut se demander un peu où va tout cet espace. Je réclame la vérité. Maintenant, mon écran d’accueil ressemble à ça, un ensemble de carrés sombres, pour lesquels on ne peut rien faire puisqu’il n’y a plus de place pour télécharger quoi que ce soit.

Tout ça pour dire que si vous hésitez à acheter un iPod Touch, n’hésitez plus ! Si vous avez eu 300€ à dépenser, investissez les dans un iPod moins cher (genre un Nano, à la limite) et dans un truc plus utile. Un clavier, par exemple. Un aquarium. Deux litres d’encre Waterman Bleu Sérénité. Ou même quarante-cinq mille diodes 1N5819. Un investissement pire qu’un iPod Touch (9,) ça n’existe pas. J’aurais jamais cru dire ça, mais c’était mieux avec Steve Jobs.

600 Kilos d’ennui

600 Kilos d’ennui

En 2010 sortait 600 Kilos d’Or Pur, film français réalisé par Eric Besnard et qui raconte l’histoire de cinq mecs qui aiment l’argent. Et je sais pas pourquoi – je sais pas comment – quand j’avais vu la bande-annonce, j’avais immédiatement eu envie de le voir. Six ans après sa sortie, presque jour pour jour, j’ai eu la « chance » d’assister à ce chef d’oeuvre. Le seul film que j’aie trouvé moins intéressant que Suicide Squad jusque-là.

Google avait pourtant tenté de m'avertir du danger que je courais en visionnant ce film. Je décidai de prendre le risque malgré tout.

AlloCiné, Programme TV et Télérama avaient pourtant tenté de m’avertir du danger que je courais en visionnant ce film. Je décidai de prendre le risque malgré tout.

Revoyons ensemble l’histoire. Le film se passe dans les Antilles, où plein de gens travaillent à l’exploitation de l’or – qu’ils soient officiels ou clandestins. Quand un jour, l’un d’entre eux se dit « mais c’est bien sûr ! on n’a qu’à voler le stock d’or d’un clandestin, s’enfuir avec, le revendre à 13 000€ le kilo et on sera riche mes amis ». Tout semble se passer à merveille, sauf qu’un peu avant le départ de l’opération, un des membres du complot se fait attaquer par des mecs en quad qui débarquent dans sa concession et tuent tout le monde. Sauf sa femme (en fait, ils auraient dû, comme vous allez le voir). Les complotistes sont déçus – parce que quand même c’est un peu la merde d’être à quatre au lieu de cinq – quand tout à coup, arrive la survivante qui dit « non vous inquiétez pas je prends sa place tout va bien aller ». « Vous inquiétez pas. »

Alors on pourrait se demander pourquoi elle décide de prendre sa place (sachant qu’elle a la force d’un enfant de quatre ans et le QI d’une poule transgénique). L’explication du film, est qu’elle s’est faite exproprier de sa concession par une autorité apparemment compétence (pour une raison obscure) et qu’elle se retrouve, du coup, avec beaucoup de dettes. Et que la seule solution c’est de prendre l’argent que son mari avait prévu de voler.

Pourtant l’affiche en japonais avait l’air chargée en action. Par contre j’ai pas vu d’explosions moi dans le film.

J-0 : ça y est, c’est l’heure. Les mecs se rendent sur place, posent des bombes afin de faire péter les installations du clandestin à leur départ (pour le plaisir de faire exploser des trucs sûrement), ils ont pris la cargaison (j’ai pas trop compris comment ils ont pu rapporter 600 kilos d’or dans un hélico en dehors de la propriété sans se faire remarquer mais soit), sont prêts à décoller quand tout à coup… Quand tout à coup ils comprennent qu’ils auraient du tuer la femme au lieu de la laisser venir. Parce qu’elle a décidé qu’elle devait sauver une indigène (pourquoi elle ? pourquoi elle seulement ? l’histoire ne le dit pas. Mais il faut bien un boulet dans l’équipe, ce serait trop simple). Résultat : ils perdent des précieuses minutes, les gens se rendent compte que « oh tiens, tout notre or a disparu d’un coup » et sont pas très contents, et commencent à tirer sur l’hélicoptère. Camille (parce que selon Wikipédia elle s’appelle Camille) roule en quad avec l’indigène derrière elle jusqu’à l’hélicoptère, où tout le monde est super content de la retrouver vivante alors que c’est Bagdad en bas l’engueule. Fin ceci dit je les comprends. Moi on me ramènerait un passager supplémentaire sans aucun intérêt dans l’expédition au prix de balles de mitraillette dans mon hélicoptère je serais pas jouasse non plus. Parce que – j’ai oublié – l’hélicoptère a pris des coups et, allez savoir comment, l’a empêché de fonctionner en partie. En gros, il vole, mais il volera plus très longtemps (ça, ça se reconnaît à la fumée noire). Après quelques minutes au-dessus de la forêt, ils se posent à côté d’un lac et c’est là que le film l’ennui complet commence.

Parce que toute l’essence du film est la : un groupe de gens qui connaissent plus ou moins rien à la forêt, perdus dans la forêt, avec accessoirement 600 kilos d’or à transporter. Heureusement, comme d’habitude, on peut compter sur le Einstein de la bande. Ils décident tous à l’unanimité de porter l’or sur leur dos jusqu’au Brésil. Des groupes se forment : ils ont la bonne idée de mettre les deux femmes – dont une est enceinte – ensemble et ils commencent à avancer.

Après environ cinq mètres d’effort fourni par toute l’équipe ils se rendent compte que 600 Kilos à six… C’est lourd. Genre vraiment. D’ailleurs ça peut paraître bête mais je pense que s’ils ont pensé qu’ils allaient pouvoir transporter un sixième du magot chacun pendant des dizaines de kilomètre, ces gens là n’ont très clairement jamais porté un sac de ciment de leur vie. Mais bon, bref.

Keskonvafer avk tou sept aure ?

Se demande alors le génie de la bande, le seul à dépasser les trente de QI. L’idée est donc d’enterrer l’or, de continuer la marche vers le Brésil et une fois là bas, de louer un hélicoptère et de tout revenir chercher (en espérant ne pas se faire tirer dessus cette fois). Ce qui est un peu con dans la mesure où une fois la frontière passée, ils auront au moins encore deux fois la même quantité de kilomètres à faire avant d’arriver sur quelque chose qui ressemble à de la civilisation mais bon. La preuve en image :

marche-au-bresil

Et encore, j’ai pris ce que j’appellerais le « meilleur des cas » : s’ils sont partis de plus proche de la frontière ils auront encore plus de marche à faire que deux fois ce qu’ils ont déjà fait mais bref, on n’est pas à un détail près.

Le problème dans leur cas, c’est qu’ils sont poursuivis. Effectivement, 600 kilos d’or (pur) ça ne se vole pas sans créer quelques différends. Alors ils n’ont pas beaucoup de temps et ils continuent à avancer, en ayant enterré quasiment toute leur fortune (ils en gardent un peu, trente kilos, au cas où, et parce que quand même c’est pas si lourd trente kilos c’est pas trop handicapant quand on marche).

Et comme je le disais : on s’emmerde. Y’a pas d’autre mot. Le film est d’un chiant hors du commun. Je me suis énormément ennuyé devant L’étrange histoire de Benjamin Button, mais lui il était vraiment long. Ce film qu’on regarde là dure une heure et demi faut pas l’oublier (et heureusement en fait). En résumé, notre fine équipe traverse la forêt, en marchant, en nageant, en faisant toutes sortes d’activités qui pourraient paraître super cool s’ils étaient pas poursuivis par des contrebandiers et s’ils étaient pas perdus au milieu de l’Amazonie. Mais comme il faut bien des dialogues, on a droit a des conversations d’anthologie. Entre le mec qui se fait piquer (enfin, je crois, j’ai oublié en fait) et à qui on ment parce que sinon il va être découragé – ou en fait j’en sais rien en fait pourquoi on lui ment, sûrement parce qu’on l’aime pas – et les disputes pour un oui ou pour un non, la vie est bien intéressante dans cette partie de la Guyane.

Au bout d’un moment, surprise. Un des personnages pète les plombs (genre bien comme il faut) et décide que, maintenant, il va s’en aller tout seul avec son or parce que voilà il est pressé. A leur réveil (ouais, en fait, ils dormaient) les autres personnages réalisent que « oh tiens, il manque quelqu’un » et comme ça paraît évident que plus on est de fous, moins on rit (dans leur cas, c’est vrai), ils décident plus ou moins de se séparer dans le plus grand des calmes. Ca va, ça fait qu’une demi heure qu’ils répètent qu’il faut rester soudé.

Donc un décide de trouver du réseau afin d’appeler un hélicoptère pour qu’il vienne les chercher. Pour cela il récupère les portables de tout le monde (apparemment, les batteries des téléphones de Guyane viennent du futur, puisqu’ils tiennent plus de trois jours). D’ailleurs je sais pas comment il va faire dans la mesure où ils ont aucune carte et aucun GPS, mais ça ne l’empêche pas d’être chaud. Le mec super intelligent du début décide d’aller chercher le petit chenapan qui s’est enfui, et les deux femmes restent en plan (c’est des femmes, c’est normal. Enfin en tout cas selon le point de vue du film.)

Et pile au moment où tout le monde est séparé, les méchants (enfin, si on peut dire qu’il y a des méchants et des gentils dans ce film, mais on va dire que c’est eux les méchants puisqu’ils sont noirs) les rattrapent et décident de tirer sur tout le monde. Et en fait je vais pas vous cacher que j’ai pas trop compris ce qui s’est passé à ce moment là. Genre ils arrivent et tout le monde revient de sa promenade en même temps et ils se font tirer dessus et peut-être que certains sont blessés et d’autres tués.

En fait, pour être honnête, je saurais pas vous dire ce qui se passe. Et je pourrais encore moins vous dire ce qui se passe dans la suite du film puisque à ce moment précis je me suis rendu compte que même aller expliquer à Marion Maréchal Le Pen pourquoi l’IVG, c’est bien, serait moins de la perte de temps. Alors j’ai juste fermé VLC et je me suis préparé pour aller en cours.

Franchement, je sais pas trop quoi vous dire sur ce film. Difficile de juger, puisque j’ai dormi la moitié du temps et que j’ai pas arrêté de trouver le film de pire en pire le reste du temps (ce qui est un exploit). C’était tellement chiant que je le classe à environ « ma prof d’anglais de seconde » sur mon échelle du soporifique, qui va de 0 c’est à dire une vidéo de TomSka jusqu’à beaucoup, c’est à dire La Visite de la Fanfare, film franco-américano-israélien – que j’ai vu en israélien évidemment – et que je vous conseille chaudement si votre médecin vous refuse le Zolpidem.

En résumé, je sais quoi vous dire. Ne louez pas ce film. Mais ne le téléchargez pas illégalement non plus. Imaginez que vous receviez un mail (ou pire : UNE LETTRE) d’Hadopi à cause de ça. Vous auriez les boules. Mais genre les boules monumentales.

Antidépresseurs, racisme et cérémonie de remise de prix : découvrez This Unruly Mess I’ve Made, dernier album en date de Macklemore. 

Antidépresseurs, racisme et cérémonie de remise de prix : découvrez This Unruly Mess I’ve Made, dernier album en date de Macklemore. 

Note : cet article a été écrit très peu de temps après la sortie de l’album mais j’ai… raté le bouton Publier. Et je l’ai pas publié. Je suis pas doué.

S’il y a bien un rappeur que j’apprécie énormément pour ce qu’il fait, c’est bien Macklemore. On connaît presque tous Macklemore, probablement par « Thrift Shop » pour certains, ou par « Can’t Hold Us », mais certains autres, amateurs de rap savent sans doute que ce ne sont pas les seules chansons de Benjamin Haggerty qui valent le coup. En fait, ces deux chansons sont sorties sur son premier album, The Heist, sorti en 2012. Il faut savoir que Macklemore revient de loin, qu’il a longtemps été drogué et alcoolique, et qu’avant il a sorti The VS, un incroyable EP, mais je reviendrai sur tout ça dans un autre article parce que, quand même, il faut en parler. Mais c’est pas le but ici. Le but, ici, c’est This Unruly Mess I’ve Made, son nouvel album. Qu’en fait j’attendais pas du tout parce que j’étais pas au courant.

En fait, pour être honnête, j’avais un peu peur. Je craignais que les nouvelles chansons soient plus « détendues », plus cool, moins engagées. Il ne faut pas oublier que c’est le Macklemore alcoolique et drogué qui a écrit « Otherside », qui reste pour moi sa meilleure chanson de tous les temps. Le Macklemore clean, il est plutôt dans l’egotrip et dans les trucs du genre de « Thrift Shop », vous voyez. Après un premier EP fantastique, il sortait The Heist, déjà plus dilué. Et ma crainte légitime était que ce troisième album serait plus dans la détente que ce que Macklemore était avant. Heureusement, ce n’est pas le cas.

Bien qu’on retrouve certaines chansons comme « Downtown » (après les friperies, il se met aux mobylettes) ou encore « Let’s Eat » où il (me) déçoit par son manque d’engagement, l’album est réussi. D’attaque, avec « Light Tunnels », où il raconte la cérémonie des Grammy Awards, où il avait gagné contre toute attente, et qu’il décrit comme presque surréaliste – mais aussi comment tout est faux et tout n’a qu’un but : l’argent. D’autres, comme « Kevin », rendent hommage à un de ses amis, décédé d’une overdose. Après Pimp C dans « Otherside », c’est maintenant Kevin qui a succombé suite à une overdose d’antidépresseurs. En fait, ce qu’on apprend (ou en tout cas ce que j’ai appris) c’est que les Etats Unis souffrent d’une sévère addiction à ces médicaments et qu’ils sont la cause de beaucoup de décès par an, et que, ce n’est pas rien : les Etats Unis consomment 99% de la vicodine mondiale. Rien que ça. En alternant refrain chanté et rap comme on les aime, Macklemore et Leon Bridges arrivent à refaire passer le même message qui était passé dans « Otherside », bien joué.

De même, dans « Need to Know », en featuring avec Chance The Rapper  (!), il évoque le problème dans l’oxycodone dans la jeunesse américaine, oxycodone qui fait des dégâts chaque année (anecdote : elle était censée être sans effet addictif… Enfin c’est ce qui a été dit lors de son lancement). St Ides est aussi pas mal, dans la simplicité de « la vie, c’est bien » (mais c’est aussi une réflexion sur sa propre vie et sa propre expérience, ses souvenirs de jeunesse, entre autres liés à l’alcool).

Le problème, c’est que la forme n’est pas toujours idéale. Souvent vu par un rappeur pour hipsters par certains, il est vrai que des fois on se demande un peu ou il va, et sa manière de dire les choses n’est pas forcément ni intéressante, ni mémorable. Malgré tout, à mon avis, son style reste présent.

Et c’est exactement ça que j’espérais. Avec « Growing up », en featuring avec Ed Sheeran (un morceau où il s’adresse à sa fille et où il lui déclare tout son amour) ou « Brad Pitt’s Cousin » – totalement dans un autre style, je perdais cet état d’esprit que j’appréciais. Mais heureusement, l’alcoolique est encore un peu là, et il se souvient de ce qu’il a vu et vécu.

Mais c’est pas tout. Et ce qu’il reste est peut-être le plus important. Macklemore remet le couvert sur « White Privilege II ». Après avoir posé des questions pour la première fois en 2005 sur le rapport entre société américaine et racisme, la suite arrive, plus de dix ans après. Et cette chanson, bien que longue, pose les questions qu’il fallait. Après les événements de Ferguson, une telle chanson semble adaptée, en plus d’être parfaitement écrite, comme à l’habitude.

I can book a whole tour, sell out the tickets
Rap entrepreneur, built his own business
If I’m only in this for my own self-interest, not the culture that gave me a voice to begin with
Then this isn’t authentic, it is just a gimmick
The DIY underdog, so independent
But the one thing the American dream fails to mention
Is I was many steps ahead to begin with

Au final, si on peut reprocher beaucoup à Macklemore- notamment le fait d’être éloigné des racines du rap- le fait est qu’il se démarque du reste des rappeurs de son époque par le fait qu’il tente de changer quelque chose. Rares sont ceux qui essaient d’avoir une influence positive sur leur public, en faisant passer un message, que ce soir sur les conséquences alarmantes des traitements antidépresseurs ou sur le fait que, oui, le White Privilege existe bel et bien. Et si parfois dans la forme on peut trouver ça pas forcément idéal, à la manière d’un Apple Plans en bêta, il nous emmène la ou il veut. Et qu’importe si ce n’est pas le meilleur chemin après tout.

S’il ne fallait en écouter que trois :

  • « White Privilege II », pour le message, pour sa structure et pour le travail qu’il y a derrière.
  • « Kevin », pour le message et la forme (le refrain est tellement… beau, et les couplets ne sont pas en reste)
  • « Growing Up », parce que ça change. Un rap presque chanté, un registre différent de son habitude, et même une instru bien différentes des autres.

Et éventuellement deux autres pour la route :

  • « Need to Know », PARCE QUE CHANCE
  • « St Ides », parce qu’elle est tout simplement agréable à écouter !
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