La momie : les pires six euros cinquante de ma vie

Rappel des faits : alors que j’avais prévu d’aller à la piscine, je me suis retrouvé au cinéma, et je me suis retrouvé, plus particulièrement, à regarder La Momie. J’aurais préféré Wonder Woman, mais j’ai pas eu le choix, alors ce fut La Momie. Et je crois que j’avais rarement autant regretté d’avoir donné six euros cinquante à un cinéma de ma vie. Alors attention, ça va spoil, de toute façon vous allez pas aller voir ça, quand même.

Bon alors, qu’est ce que c’est La Momie ? C’est un mauvais film. (On va voir pourquoi juste après.) Mais ça raconte quoi ?

Comme nous l’explique une voix qui a sans doute fumé des gitanes sans filtre pendant quarante ans avant d’en arriver là, et qui dit “Je suis BATMAN” tous les soirs avant de se coucher, tout a commencé avec un mystérieux bracelet durant l’antiquité, où une fille voulait régner sur le royaume mais son père a eu un fils alors elle était pas contente, elle a voulu invoquer Seth (ce qui demandait de poignarder un “élu”) mais on l’en empêche juste à temps et elle se fait momifier vivante (????) et après et on s’en fout voilà c’est tout.

On retrouve également (à notre époque) une crypte d’anciens chevaliers croisés à Londres. Préparez-vous : on ne va plus en entendre parler avant des heures (enfin une heure quinze plutôt). 

Puis, comme souvent, l’intrigue repose sur l’intelligence toute relative des personnages pseudo-principaux : deux éclaireurs (ceci dit ils sont dans l’armée : ça se tient).
Ceux-ci, qui sont plus pilleurs de tombes qu’autre chose, décident d’aller piller le mauvais village et se font attaquer par des autochtones qui ne souhaitent pas se séparer de leurs pièces d’art. Comme ils sont quand même nombreux et qu’ils savent se servir de leurs fusils achetés par les Emirats Arabes Unis, une passionnante fuite dans les escaliers ou les deux personnages principaux crient se conclut par un appel aux renforts, et arrive un bombardier qui défonce l’intégralité du village. Sauf les deux éclaireurs, et c’est bien dommage.

Lorsque, après le bombardement, leur copine chiante archéologue vient les voir pour les engueuler (parce qu’apparemment ils lui ont volé sa carte en papier toute nulle) et pour descendre dans le trou qu’ils ont creusé sans faire exprès, ils décident de tirer partout au fusil d’assaut afin de chasser des araignées (vous trouvez ça con ? Ils sont dans l’armée) et accessoirement pour casser une grande découverte archéologique.
Et là, la momie se réveille. Merci les gars. D’ailleurs, ils ont un nom : Nick (le personnage principal) et Weil son sidekick rigolo. Il s’appelle pas Weil, en fait, mais je connais pas son nom, mais ça ressemble à ça (je précise que l’article a été écrit avant la mort de tata Simone, sorry). Juste pour information, l’archéologue s’appelle Jenny ou un truc du genre. Tout part en sucette et…

C’est la fuite. Ils prennent l’hélicoptère, puis l’avion, et atterrissent mystérieusement en Angleterre (tellement mystérieusement que même eux se demandent ce qu’il se passe). Enfin, atterrissent… question de point de vue. Des corbeaux très mal modélisés les attaquent et l’avion s’écrase (pas très vite) vers le sol. Nick donne un parachute à Jenny, qui s’envole, lui n’en trouve pas, et reste bloqué dans l’avion, et tombe, et meurt.

Si seulement.

On retrouve Jenny un peu assommée à qui on demande d’identifier les corps. Sauf que, surprise, Nick n’est pas en bouillie mais bien en un seul morceau et se réveille. Weil aussi. Lui, il est un peu pâle, parce qu’il s’est fait mordre par une araignée. Détail intéressant : les gens ni maudits, ni mordus, sont aussi en parfait état. La dernière fois que j’ai vu un crash aérien c’était pas comme ça. Bref.

Jenny entre dans la salle et surprise : ils sont vivants. Enfin, pas vraiment, Weil est vivant mais seulement pour Nick. Et heu là c’est l’inquiétude parce que quand même c’est pas commun un crash aérien où le mec survit contre toute attente alors que l’avion fait un angle avec la normale à la Terre de 0°.

En même temps, on suit deux ouvriers qui sont partis effectuer des fouilles sur le site du crash. Comme ils ne sont jamais allés à l’école ni au cinéma, ils ne savent pas que la nuit, tout est noir, et donc qu’on ne voit pas trop ce qu’on fait (ni les éventuels dangers).
La momie se réveille, embrasse les deux ouvriers, qui deviennent ses esclaves zombies ou un truc comme ça. En tout cas ils sont bien faits. Et on coupe la séquence parce que c’est cher les scènes avec des effets spéciaux.

On amène Nick au patron de Jenny, Professeur Inutile. Celui-ci a la particularité d’avoir un très grand bureau avec plein d’instruments d’opération, mais surtout d’être très mal doublé. Il est immunologue, juriste et un autre truc mais ça sert à rien.
Pendant qu’il se présente, il s’injecte un produit bizarre et il guide ensuite Nick vers un grand espace où on retrouve l’égyptienne à qui on est en train d’injecter du mercure (ah.) pour pouvoir la disséquer (ah.) Nick ne trouve pas ça très Charlie et dit “non arrêtez !” avec autant d’autorité d’une prof de maths dans le 93. Professeur Inutile le prend à part et lui explique que “un sacrifice pourrait sauver le monde” (le sacrifice de Nick, évidemment, mais il est con – il est dans l’armée, quand même – donc il comprend pas). Jenny arrive et dit “ah non mais vous le tuez pas, hein !” (avec l’autorité d’une prof de SES dans le 93) sauf que… Nick (qui a compris qu’on parlait de son sacrifice à lui) prend l’injecteur de Professeur Inutile qui se transforme instantanément en son jumeau maléfique.

Bon, heu. Déjà c’est discutable de prendre ses médicaments au dernier moment mais surtout, professeur Inutile, j’ai retrouvé son nom : il s’appelle Jekyll. C’est à ce moment que Stevenson commence à se retourner dans sa tombe, et qu’un combat épique (ou presque) débute entre Professeur Inutile (maintenant connu sous le nom de Hyde) et Nick. Ils se battent, ils se battent, on s’en fout, ils se battent encore, on s’en fout encore, et en parallèle, l’égyptienne prend contrôle d’une araignée de l’antiquité qui traînait dans les égouts et l’envoie prendre le contrôle d’un opérateur radio ou un truc du genre pour la libérer. Elle se libère, et le véritable drame commence : la deuxième partie du film.

Maintenant, tout le monde veut récupérer la dague, d’un côté pour en finir avec la malédiction, et de l’autre pour terminer le rituel. Et c’est chiant. Dieu, que c’est chiant.

Petite story time : j’avais dansé toute la nuit la veille. J’avais sommeil. J’ai failli dormir.

On voit bien que s’il y avait un réalisateur derrière la caméra, il a tenté de rendre la scène vivante mais c’est long, c’est convenu, c’est pas original. Ils sont dans les égouts, la momie prend le contrôle d’à peu près tout, force le passage vers la crypte, prend Jenny sous l’eau, la noie, Nick est triste, il rejoint la momie pour la tuer, enfin tout ça dans un ordre un peu aléatoire, j’ai du mal à me rappeler et on en arrive au duel final.

Réveillez-vous (ou pas, après tout ça change pas grand chose), car Nick alors que la momie possède une force incontrôlable, Nick la joue rusée et récupère le poignard en l’embrassant. Elle le frappe, il s’envole, mais ne meurt pas de la rupture de l’ensemble des os de son corps qui vient d’arriver, elle se rapproche et il tape la dague contre le sol. Elle est pas contente : “oh quand même, c’est pas cool. Ca fait deux mille ans que j’attends et là tu casses tous mes plans… rhoo non s’teuplaît.” Il a l’air de s’en foutre. “Ouais de toute façon ta pote là elle est morte t’y peux rien, si tu casses le caillou tu pourras pas la ramener hein, et je te tuerai.”

Alors de deux choses l’une : soit Jenny connaissait pas son cours sur l’Egypte ancienne et a oublié que casser la pierre était tout à fait inutile, soit elle le savait mais elle a décidé d’aller voir la momie juste pour le plaisir. Dans tous les cas y’a une incohérence. Mais bref.

A ces mots, Nick ne se sent plus de joie, ouvre son large bec, laisse tomber sa proie, comprend que son cas est désespéré, se plante la dague dans le thorax, se lève (puisque maintenant, il est Seth en personne) et va tuer la momie. Et c’est la fin.

Non. Evidemment, non.

On retrouve Nick sur un cheval (ou un chameau, mais l’idée est là) avec Weil juste derrière (que, apparemment, il a ressuscité parce qu’il peut ressusciter les hommes mais pas les femmes (?)), et ils partent à l’aventure.

Et vous pouvez enfin partir du cinéma.

Et vous pouvez enfin vous faire une petite liste de tout ce que vous auriez pu faire avec ces six euros cinquante (voire malheureusement plus si vous ne bénéficiez pas du tarif réduit), comme :

  • Les donner à la science
  • Les donner à une association caritative
  • Acheter des milliers de résistances sur AliExpress
  • Les placer sur un PEL pour en tirer environ dix centimes au bout de dix ans
  • Acheter le dernier album de Linkin Park (en fait, oubliez ce que je viens de dire)
  • Acheter un livre sur le cinéma afin de savoir comment reconnaître un La Momie la prochaine fois que vous en croiserez un
  • Acheter un fouet afin de vous flageller d’être allé voir La Momie et pas Grave et ainsi avoir contribué un peu plus à la destruction du cinéma de genre en France

 Conclusion : on ne va pas voir La Momie. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *